#2 La recherche, la documentation et la maturation du projet

Le roman que je suis en train d’écrire, je l’imagine et je le réfléchis depuis plusieurs années. Il a eu plusieurs versions et il évolue encore constamment. C’est tellement grisant. Tellement fort. Créer son propre univers, ses propres personnages. C’est à la fois excitant et terrifiant.

Cela faisait donc plusieurs années que je commençais à raconter cette histoire mais très rapidement, je me retrouvais bloquée. Et souvent je me demandais pourquoi mon inspiration me lâchait, elle qui était pourtant si vive et si omniprésente. La réponse m’est apparue il n’y a pas si longtemps. Je manquais cruellement de “bases solides”. On imagine pas un monde fantastique en tapant frénétiquement sur son clavier après le boulot sous le simple coup de l’inspiration. Il faut d’abord savoir où aller et comment y aller. On arrivait en fin de confinement quand cette idée lumineuse (et pourtant si évidente) m’est apparu. Mon petit cerveau ne pouvait tout simplement pas organiser correctement mes idées et apprendre tout seul des choses qu’il ne connaissait pas ou peu.

L’univers

J’ai donc sortit un carnet, j’ai ouvert Google, et je me suis lancée. Mais cette fois, j’avais un plan : faire des recherches ciblées sur chacun des aspect de l’univers, établir une trame cohérente pour le déroulé du récit et commencer à bâtir cette histoire qui me trotte dans la tête depuis trop longtemps. (Oui, écrit comme cela, même moi ça ne me fait pas trop rêver)

J’ai terminé cette étape il y a peu et je suis ravie de voir que, malgré des recherches vastes et intenses (je ne saurai vous dire combien d’heures cela m’a pris), j’arrive encore à me surprendre en faisant des connexions diverses et imaginer de nouvelles choses à partir de toutes ces informations. C’est magique ! (Et jouissif !

En réalisant mes recherches, les idées fusaient et se mettaient en place si facilement que je me demandais à chaque fois : mais pourquoi tu n’as jamais fais ça avant franchement ? 

Et en 2020, il n’y a rien de plus simple : internet, un carnet et un stylo (version 3.0 : internet et un drive). Personnellement, je préfère avoir mes recherches couchées et structurées sur papier, sinon je me serai perdue. 

J’ai donc décortiquée chaque aspect de l’univers que je voulais écrire. Petit spoiler sur mon roman : il concerne la sorcellerie et les sciences occultes au sens très large du terme. J’ai donc fais beaucoup de recherches historiques d’abord. Définition de la magie, de la sorcellerie, l’histoire des sorcières, les sorcières aujourd’hui, les anges, les démons, etc… Puis comme j’ai procédé comme un entonnoir : d’abord la sorcellerie, les sorcières, les rituels, les pouvoirs, les croyances, les “outils” (pierres, plantes, éléments, …), et j’en passe.

Une fois ces bases établies, j’ai approfondie chacune de mes intrigues : familiales, amoureuses, magiques, etc … Je me suis renseignées sur tous les sujets les concernant.

Il faut noter quelques choses : chaque recherche va impliquer et étoffer plusieurs parties de votre histoires. Les intrigues, les personnages, les lieux, etc … En fait, à chaque découverte, cela nourrissait tous les champs de mon histoire et c’est cela qui était PASSIONNANT. Chaque information m’inspirait un peu plus et donc alimentait facilement mon histoire. Notez aussi que j’avais déjà une connaissance disons “basique” de plusieurs sujets que je traitais : astrologie, magie, etc … de part mes nombreuses lectures et connaissances diverses. Cela orientait donc facilement mes recherches et facilitait l’insertion dans mon univers. Mais j’imagine que cette règle est universelle, consciemment ou pas, nous écrivons sur ce qui nous inspire, nous intrigue, nous donne envie donc nous avons déjà un bagage existant. Et même si on ne s’en rend pas vraiment compte ou même s’il est faible, il est bien là et n’attend que d’être renforcé. 

Lorsque j’ai une intrigue à développer, je la décortique également : début (“la source”), milieu (perturbation) et fin (résolution). Puis en retranchant les diverses recherches, l’histoires se met naturellement en place. Les intrigues évoluent, se renforcent et propose même des « perturbations » ou « résolutions » différentes. 

Les personnages

Puis arrive les personnages, ils sont déjà présents depuis un moment dans votre esprit et se sont déjà développés. Peut-être même que vous avez déjà une idée claire sur leurs aspects physiques ou leurs personnalités. Mais il faut bien approfondir certains traits que l’on ne maîtrise pas forcément. Sachez que vos recherches précédentes ont déjà beaucoup nourris vos personnages de plusieurs manières. Il est cependant important de se centrer beaucoup sur eux. Je n’aimais pas trop faire les fiches personnages, très honnêtement, ça me bloquais un peu. Mais j’ai aussi découvert durant cette “période d’approfondissement de l’histoire” que, et bien, c’est tout de même indispensable. J’ai vu sur le net des fiches personnages larges et variées, des techniques différentes qui m’ont bien aidés aussi (moi la spécialiste de l’écriture instinctive). J’ai donc beaucoup lu sur le sujet (comment organiser l’écriture a été une grande recherche à elle seule pour ma part) et je me suis lancée dans ma propre rédaction de fiches personnages, qui n’en sont pas vraiment d’ailleurs. Ce qui est merveilleux avec l’écriture, c’est qu’il y a autant de façons de faire que d’écrivains. Il n’y a pas de règles, juste celle qui vous convient. Allez voir comment font les autres, cela donne des idées et lancez-vous dans votre propre conception de création de personnages. Les premières fois ne seront peut-être pas réussies, mais ça viendra. Inconsciemment, vos personnages reflètent des parties de votre personnalité et celles de vos proches ou de personnes que vous avez croisés. Et il y a un univers dans lequel ils vont évoluer et qui va vous influencer et vous aider dans leurs évolutions. 

Par exemple, j’avais une idée précise des traits de caractères principaux de mes personnages. Cependant, les termes “courageux”, “tourné vers la famille” ou “antipathique” rappellent plus la création d’un Sims que le caractère d’une personne. J’avais dû, en amont et pour la cohérence de mon histoire, définir des dates de naissances à certains personnages. Je me suis donc amusée à faire le thème astrale (c’est étrange oui mais très intéressant), chose très simple à réaliser grâce à notre ami Internet ( perso je me suis tournée vers Evozen). Et beaucoup de choses dans ces thèmes se sont avérés utiles pour les rendre plus crédibles et “moins parfaits”. Ils avaient déjà chacun un passé dans mon esprit, une histoire qui leur était propre et qui justifiait des aspects de leurs personnalités. Mais les différentes informations recueillies grâce à cette pratique m’ont permis de nourrir mes personnages de différentes façons, que je n’aurai sûrement pas explorer sans cela. Et surtout, on a tendance (en tout cas moi) à faire de nos héros des supers warriors (bah je les aime que voulez-vous) et nos méchants des personnes très très vilaines et antipathiques juste pour le kiff. Mais les personnes parfaites sont franchement chiantes, il faut l’avouer, et les très très méchants sont bien plus intéressant quand on ne peut pas s’empêcher d’adorer les détester (pour leur bons côtés mais aussi parce qu’ils sont le reflets des pires facettes de nous-même).

C’est en créant ces fiches à ma manière et en ne m’interdisant rien que j’ai découvert que finalement, c’était une des parties les plus intéressantes et qu’elle apportait un vrai plus à mon histoire. 

Création de la trame (ou le plan) 

Cette étape est le résultat de votre histoire additionnée à vos recherches (que je développe bien plus ici). Vous aviez votre histoire initiale, puis les recherches, les nouvelles idées et la finalisation de vos personnages vont ont guidés vers d’autres horizons et ont naturellement nourris chaque aspect de votre roman. Maintenant, il reste “plus qu’à” les assembler de manière chronologique (ou pas d’ailleurs) pour mettre en forme l’histoire. Là nous avons attaqué une bonne partie du fond.

Voilà, tout est dit ! Une dernière chose tout de même : évidemment cela semble plus “évident” de s’attarder sur des recherches approfondies lorsque l’on écrit un roman fantastique ou un polar (nous ne sommes pas tous enquêteurs ou spécialistes du fantastique). Mais une romance par exemple justifie également une recherche importante : des personnages encore plus recherchés, par exemple, sur le plan émotionnel pour éviter les clichés ou un univers professionnel à développer (vous n’avez peut-être pas envie de parler de votre propre boulot). 

Il faut donc juste retenir une chose : la seule règle, c’est qu’il n’y en a pas et c’est ça qui est génial !

Et vous ? Que pensez-vous de la recherche avant d’attaquer l’écriture ? Comment procédez-vous ? Dites-moi tout !

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